Thomas Gaudy - Des jeux vidéo québécois créés pour les personnes atteintes d’un handicap | Faire Montréal
12 janv.
Publié dans par le projet Des jeux vidéo à vocation sociale0

Thomas Gaudy - Des jeux vidéo québécois créés pour les personnes atteintes d’un handicap

Un article fort intéressant de Caroline Montpetit dans Le Devoir!

À 39 ans, Thomas Gaudy assume ses contradictions. Complètement passionné des jeux vidéo, il est aussi très critique envers leur contenu et leurs effets. Installé au Québec depuis une dizaine d’années, ce Français d’origine a créé avec sa conjointe l’entreprise Ludociels pour tous, qui produit des jeux vidéo adaptés aux personnes handicapées.

Le Devoir 7 janvier 2017 |Caroline Montpetit | Actualités culturelles

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Français d’origine, Thomas Gaudy est cofondateur de l’entreprise Ludociels pour tous.

L’un de ces jeux, Vic Dor, s’adresse aux enfants souffrant de troubles cognitifs et moteurs graves. « Ils ne peuvent pas parler ou manger, ni utiliser un clavier ou une souris. Leur mode d’interaction avec l’ordinateur, ce sont de gros boutons », explique Thomas, qui a fait son doctorat sur l’adaptation de jeux vidéo pour les aveugles. Son entreprise, sans but lucratif, a produit à ce jour une trentaine de jeux. « La plupart de nos jeux sont gratuits », dit-il. 

Je trouve qu’actuellement, le jeu vidéo est vide de sens. Il existe quelques jeux vidéo présentant des revendications, mais pas assez.

Thomas Gaudy, fondateur de Ludociels pour tous

La boîte donne aussi des ateliers de formation à la création de jeux vidéo, qui s’adressent aux jeunes de plus de sept ans. Les jeux vidéo ainsi créés sont ensuite mis en disponibilité sur le site Web de Ludociels pour tous. 

« Je suis accro, admet Thomas Gaudy. J’ai du mal à m’en passer. Ce qui pose un problème. En tant que concepteur, il y a une question éthique. D’accord, c’est un média fantastique, mais est-ce qu’on cherche à rendre les autres accros, à leur prendre leur temps, à leur faire perdre du temps ? » soulève l’entrepreneur. 

« Ou est-ce qu’on n’essaie pas plutôt de s’approprier le média et de le faire évoluer en lui injectant quelque chose de personnel, une démarche éthique, quelque chose de plus social ? C’est ce qu’on essaie de faire. » 

Bien qu’il ait suivi des études doctorales, Thomas Gaudy reconnaît qu’il a obtenu durant toute sa scolarité des résultats moyens. « Parce que j’essayais de faire un minimum de travail, de façon à pouvoir réussir mes études, tout en ayant un maximum de temps à consacrer aux jeux vidéo. Maintenant, je joue toujours, mais je joue moins », confie-t-il. 

Plus de contenu 

Selon lui, le problème n’est pas tant le temps passé sur un jeu que l’expérience qu’on en retire ou non. « Je trouve qu’actuellement, le jeu vidéo est vide de sens. On en tire du plaisir, on passe un bon moment et on développe certaines compétences, mais par rapport à d’autres médias […] ou d’autres interactions sociales, l’expérience qu’on en retire est pauvre. »

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