Retour sur Le rdv Je fais Mtl # 6 : constituer et mobiliser un CA ! | Faire Montréal
19 Dec
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Retour sur Le rdv Je fais Mtl # 6 : constituer et mobiliser un CA !

Les rdv Je fais Mtl réunissent la communauté autour d’une thématique pertinente pour tous ceux qui souhaitent faire Montréal. Chacun de ces rdv est placé sous le signe du partage : partage d’histoires à succès de la part de leaders de Je fais Mtl, partage d’expertise par des partenaires experts.

À l’occasion de cette dernière rencontre de la saison automnale et de l’année, la communauté Je fais Mtl était rassemblée au Centech, dont les locaux, inaugurés tout récemment, se situent dans l’ancien Planétarium Dow. La quarantaine de participants présents à ce rdv #6 s’était cette fois-ci réunie afin d’échanger avec d’autres leaders de projets et des experts sur la constitution et la mobilisation d’un conseil d’administration.

Saisir l’opportunité afin de prendre sa place et s’investir au sein d’un CA

Le rdv s’est ouvert par des échanges avec Rose Lyndsay Daudier, directrice générale de Fusion Jeunesse et de Robotique FIRST Québec, deux organismes oeuvrant pour la persévérance scolaire. En plus d’avoir agit comme co-leader du projet Transforme Montréal et siégeant sur le conseil ADN de Je fais Mtl, Rose Lyndsay s’implique également auprès de cinq autres conseils d’administration.

Grandement impliquée dans sa communauté, Rose Lyndsay lance d’emblée que l’investissement personnel au sein d’un CA ne doit pas devenir une tâche. Que ce soit par passion ou dans l’objectif de faire une différence réelle dans un domaine, il doit y avoir un facteur de motivation. Ainsi, il est primordial de faire un choix éclairé, ce qui demande humilité et honnêteté envers soi-même. La réussite d’un CA, son efficacité, passe avant tout par la complémentarité des membres qui y siègent. Avant de joindre un CA, il est donc nécessaire de se demander si on peut réellement y faire la différence.

Philippe Massé, responsable de l’initiative Leadership Montréal au sein de Concertation Montréal, qui vise à accroître la diversité au sein des conseils d’administration dans l’agglomération, abonde dans le même sens : il est impératif que les membres du CA se sentent valorisés par leur implication. Et cette valorisation passe, bien entendu, par le développement professionnel, mais également par le développement qui vient du coeur, la satisfaction d’avoir soutenu une cause ou une mission qui nous interpelle.

Une vérification diligente est par ailleurs de mise avant de s’engager au sein d’un CA. Il faut se questionner, avance Philippe. Est-ce que l’on cherche une organisation plus stable ou une en croissance? Est-ce que l’on aime relever des défis ou gérer des crises? Serais-je appelé à faire de la recherche de financement et est-ce que j’aime ça? Les décisions impulsives sont ainsi à proscrire lorsque vient le temps de joindre un CA. Quant au recrutement de nouveaux membres, cela peut se faire en suivant une matrice, un peu comme lors d’un processus d’embauche, selon Philippe. Suivre des guides précis afin de répondre aux besoins à combler au sein du CA permet de recruter les bons candidats et d’assurer une complémentarité entre les différents membres.  

Une autre pierre angulaire de la réussite d’un CA entre en ligne de compte selon les deux intervenants : la diversité. Qu’elle soit culturelle ou générationnelle, une plus grande diversité amène de meilleures décisions pour l’organisation. En recrutant dans un bassin restreint, les organisations se privent de talents et d’expertises qui pourraient leur être fortement bénéfiques.

Le CA, un rôle clé dans les orientations stratégiques des organisations

La matinée s’est poursuivie avec notre deuxième vague de panélistes, les expertes Akina Matsuo et Louise Fournier. Conseillère en impact social à Credo, Akina accompagne autant des OBNL, que des instances publiques ou des entrepreneurs dans la maximisation de l’impact que leur organisation a sur les gens et leur environnement. Travaillant fréquemment avec des CA ou avec les sphères de gouvernance, Credo prône la devise walk the talk que l’on peut traduire librement par joindre les gestes à la parole.

Selon Akina, le rôle majeur du CA réside dans les orientations stratégiques à donner à l’organisation que l’on chapeaute. Il est nécessaire que les membres du CA osent poser des questions afin de mettre les choses en perspective dans l’objectif de prendre les bonnes décisions. De plus, la mission, la vision et les valeurs, tant de l’organisation que du CA, doivent être extrêmement claires afin d’attirer les bons candidats. Il ne faut pas avoir peur de dire aux gens s’ils ne respectent pas nos façons de faire ou nos valeurs. L’authenticité et l’honnêteté doivent ainsi guider nos actions et nos décisions. La formation continue est également au coeur d’un CA opérationnel. Il est nécessaire d’offrir aux membres la possibilité de constamment renouveler leurs connaissances en terme de gouvernance. Cela peut notamment se traduire par la création de sous-comités qui pourront explorer d’autres façons de faire.

Oeuvrant à titre de directrice générale de PMI Montréal, une association de professionnels en gestion de projets, partenaire de Je fais Mtl, Louise Fournier s’y connaît également en termes de gouvernance et de constitution de CA. Son organisation reçoit annuellement entre 14 et 28 candidatures afin de siéger à son CA, une grande structure, certes, mais qui permet d’orienter stratégiquement l’association. Pour sa part, lorsque vient le temps de recruter de nouveaux membres, il est impératif d’être très clair et précis quant aux attentes. Il faut clarifier les besoins et s’assurer que le rôle souhaité soit bien compris par chacun des membres. Par ailleurs, il faut savoir mettre en lumière les compétences des gens afin de susciter leur engagement et leur dévouement envers l’organisation.

Une structure d’opération claire, que ce soit par la préparation de l’ordre du jour, des réunions à date fixe, des comptes-rendus détaillés, est nécessaire afin que le CA soit pertinent et efficace. Cette structure doit se bâtir un peu comme on construirait les fondations d’une maison, a illustré Louise. Idéalement, le CA doit se réunir au 6 à 8 semaines pour les grandes organisations, et tous les mois dans le cas d’une plus petite structure.

À savoir s’il y a une différence entre un comité aviseur et un conseil d’administration, les deux expertes abondent dans le même sens. Alors que le comité aviseur n’octroie pas autant de responsabilités aux gens qui y siègent, assurant davantage un service-conseil, le CA est quant à lui directement impliqué dans la gouvernance de l’organisation puisqu’il s’agit d’une structure légale. Les membres d’un CA ont un impact plus direct sur l’organisation.


Des ateliers collaboratifs pour orienter son implication au sein d’un CA

À la suite des interventions de nos quatre panélistes, la quarantaine de participants s’est retrouvée en sous-groupe afin de discuter du rôle qu’ils souhaitent jouer au sein d’un CA. Souhaitent-ils siéger à un CA, en constituer un, ou encore, en mobiliser un? Réunis pour prendre part à des ateliers de remue-méninge et d’échanges, les participants ont ainsi pu profiter de l’expérience des autres sympathisants du mouvement présents et de l’expertise des panélistes afin de faire évoluer leur réflexion et trouver des solutions aux problématiques auxquelles ils sont confrontés dans la constitution d’un CA.