Les ruelles de Montréal, un réseau au potentiel unique | Faire Montréal
8 sept.

Les ruelles de Montréal, un réseau au potentiel unique

Consultez cet article paru dans Le Devoir, il découle de notre implication dans Je Fais Montréal et le projet de Parcours verts et actifs.

1 août 2016 | Florence Sara G. Ferraris Le Devoir 

Photo : Pedro Ruiz Le Devoir | L’arrondissement de Ville-Marie a aménagé certaines ruelles du centre-ville dans le cadre de son projet pilote.

Longtemps considérées comme de simples voies de desserte, les ruelles montréalaises font l’objet, depuis une dizaine d’années, d’imposantes transformations. Un vent de changement qui, loin de se limiter aux quartiers résidentiels, souffle depuis peu sur leurs jumelles du centre-ville. Conçu à l’échelle des piétons, ce fin réseau parallèle pourrait-il devenir cet espace que les marcheurs urbains réclament ? Pistes de réflexion.

Théâtre du quotidien des quartiers, les ruelles s’offrent de plus en plus comme une seconde trame urbaine aux Montréalais, sorte de réseau parallèle où les piétons sont rois. Situé à mi-chemin entre l’espace public et son pendant privé, ce fin quadrillage — qui s’étend tout de même sur plus de 475 kilomètres, principalement dans les quartiers centraux de la métropole — propose aux passants un havre de paix, loin du brouhaha des artères achalandées.

« Que l’on parle de développement durable en ville, de piétonnisation ou de partage de l’espace urbain, les ruelles ont un potentiel inouï », lance sans ambages Simon Octeau, directeur adjoint du Regroupement des écoquartiers, un organisme mis sur pied il y a 21 ans pour accompagner les écoquartiers locaux dans leur travail quotidien. D’autant plus que depuis 2010, le nombre de ruelles vertes ne cesse d’augmenter chaque année. Seulement en 2016, ce sont près de 60 nouveaux tronçons qui seront réaménagés aux quatre coins de la ville. 

Et bien qu’elles demeurent encore minoritaires et, par conséquent, peu empruntées au jour le jour, ces voies secondaires pourraient, selon lui, devenir le réseau de transit principal des milliers de piétons qui circulent dans la ville au quotidien. « Il y a dix ans, il aurait été difficile d’envisager la ruelle comme un lieu de déplacements actifs réel, note ce spécialiste du développement durable. Beaucoup de ces voies étaient utilisées comme une sorte de raccourci par les automobilistes qui voulaient éviter le trafic. Avec la multiplication des ruelles vertes — elles s’étendent sur près de 63 kilomètres aujourd’hui —, il est possible d’envisager la création d’un réseau parallèle aux voies de circulation traditionnelles. » 

Dans l’optique de les faire mieux connaître auprès du grand public, le Regroupement des écoquartiers a lancé cet été les « Parcours verts et ludiques ». Cette série de promenades regroupées sur une application mobile, développée dans le cadre de l’événement Je fais Montréal, permet de découvrir les ruelles vertes de quatre quartiers, tout en démontrant que de nombreux points de services, comme les écoles, les parcs, les hôpitaux, etc., sont déjà accessibles via ces passages piétons alternatifs. « Le but était de mettre en évidence le potentiel de “marchabilité” des ruelles, précise Simon Octeau avec sérieux. De montrer qu’il serait possible, par exemple, pour les enfants de se rendre à leur école de quartier en passant par ces voies. En plus, c’est plus sécuritaire ! »  

Limitation automobile 

Ou du moins, c’est en voie de l’être, l’accident impliquant un enfant à vélo et survenu dans une ruelle du Sud-Ouest au printemps dernier étant encore trop frais dans les mémoires. À la suite de ce tragique incident, de nombreux arrondissements ont d’ailleurs fait savoir leur intention de limiter l’accès aux ruelles en voiture ou, du moins, de mettre en place des mesures d’apaisement de la circulation dans ces petites voies. Le Sud-Ouest, à titre d’exemple, a annoncé la multiplication des dos-d’âne. D’autres quartiers, comme le Plateau-Mont-Royal, comptent, pour leur part, limiter l’accès de plusieurs ruelles à l’aide de bacs à fleurs ou de blocs de béton, particulièrement aux abords des écoles et des parcs.

« La ruelle est de plus en plus reconnue comme un élément de la trame urbaine à part entière, indique Simon Octeau du Regroupement des écoquartiers. Les arrondissements développent d’ailleurs le réflexe de l’inclure dans leur Plan local de déplacements. » C’est le cas, entre autres, de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, de Rosemont–La Petite-Patrie et du Plateau-Mont-Royal.

Lisez la suite de cet article paru dans Le Devoir du 1er août 2016. Il découle de notre implication dans Je Fais Montréal et le projet de Parcours verts et actifs.

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