Potloc décroche le gros lot | Faire Montréal
29 mars

Potloc décroche le gros lot

Par Matthieu Charest - Les affaires

Trois ans à peine après sa création, la montréalaise Potloc obtient 800 000 dollars de financement. Une somme considérable pour la jeune pousse spécialisée en études de marché nouveau genre pour le secteur du commerce de détail. 

 Les affaires | Publié le 22 mars 2017

Et le potentiel de croissance, estiment les cofondateurs, est exponentiel.

Cette injection de capitaux a été effectuée par des investisseurs québécois et français, dont fait partie Robert Dutton, ex-PDG de Rona, ainsi que la BDC. «Ça nous permet d’aspirer à une courbe de croissance en “bâton de hockey” [caractérisée par une croissance soudaine et vigoureuse]», lance Rodolphe Barrere, cofondateur et coprésident de l’entreprise avec Louis Delaoustre.

La moitié des fonds investis sera consacrée à l’amélioration du produit et de l’algorithme prédictif. L’autre partie sera utilisée afin de conquérir de nouveaux marchés. D’abord la France, où Potloc a récemment ouvert un bureau à Lille, et puis le reste du Canada.

«Le Québec représente environ 90% de notre chiffre d’affaires en ce moment, explique M. Barrere. C’est le cœur de notre entreprise, et Montréal est notre siège social. Mais nous sommes prêts à grandir vitesse grand V».

Les résultats qui découleront du bureau français leur permettront de mesurer à quelle vélocité et avec quelle efficacité ils peuvent s’implanter à l’étranger. Les fondateurs ne s’en cachent pas, ils espèrent une deuxième ronde de financement, début 2018, pour s’attaquer aux États-Unis.

Or, il ne s’agit pas que du seul grand coup qu’a frappé la jeune pousse. Outre les 800 000 dollars de financement, un partenariat avec été conclu avec Desjardins. L’institution québécoise devient un commanditaire et leur allié financier pancanadien. 

Rodolphe Barrere

Ébranler le marché

L’entreprise collige les opinions des citoyens afin de réaliser des études de marché pour le secteur du commerce de détail à la fine pointe de la technologie. Par le biais du site Web de Potloc, les citoyens sont amenés à choisir quels commerces ils souhaitent voir s’implanter dans leurs quartiers.

Les données ne sont pas théoriques, elles proviennent de vraies personnes, qui ont un intérêt réel, ou non, à voir s’implanter un commerce ou une bannière particulière dans leurs environs.

C’est comme un immense sondage d’opinion, couplé à des données très précises, comme la géolocalisation. En chinois, il s’agit de «crowdsourcing», ou «d’externalisation ouverte». 

«Les études de marché dites “classiques”, ne fonctionnent plus, affirme de but en blanc Rodolphe Barrere, cofondateur et coprésident. C’est bien beau étudier les données de Statistique Canada, notre degré de précision est bien plus important, parce que ce sont de vrais clients potentiels qui nous parlent.»

De plus, estime le cofondateur, «ce n’est pas parce que les gens d’un quartier veulent un café qu’ils sont prêts à accepter n’importe quelle bannière. La génération Y [moins de 35 ans], notamment, ne pense pas en terme de produits ou de services. Ils veulent un Starbucks, ou pas, ou un café indépendant, par exemple, mais ils ne veulent pas n’importe quel “café”. La bannière est très importante».

Des succès

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